Le soléaire

Le soléaire est situé à la face postérieure de la jambe. Il entraîne la flexion plantaire du pied.
Il s’insère en haut sur la partie supérieure du péroné (l’un des deux os de la jambe) et sur l’arc tendineux qui relie la tête du péroné à celle du tibia.

Son action principale est l’extension du pied (mouvement qui consiste à monter sur la pointe des pieds, en soulevant le talon du sol). Le muscle soléaire est très souvent très difficile à développer et fait partie avec les muscles jumeaux du triceps sural.
Ce muscle s’épaissit et s’aplatit en son milieu pour se courber autour des muscles fléchisseurs profonds du pied et des orteils.
Il s’amincit juste au-dessus de la cheville, et son tendon s’insère sur la partie moyenne du calcanéum (os du talon). Ce muscle sert à étendre le pied ou à lever le talon, ce qui a pour effet de lever tout le corps. La contraction continue du soléaire empêche le corps de tomber en avant lors de la station debout.

Le soléaire est un muscle mono-articulaire fusiforme alors que les gastrocnémiens sont bi-articulaires et penniformes. L’orientation différente des fibres explique la puissance en particulier du gastrocnémien médial mais aussi la rapidité plus importante du soléaire ainsi que sa fatigabilité moindre.

Alors que la marche à vitesse normale, en terrain plat, met principalement en jeu le soléaire lors de la phase de propulsion, les gastrocnémiens sont surtout recrutés pour des efforts intenses.

Ces pathologies sont soit cliniques aigues ou chroniques. Elles sont dominées par les traumatismes musculaires dont le « tennis- leg »
Le tennis-leg correspond à une désinsertion de l’attache terminale d’un des 3 chefs musculaires du triceps sural (mollet), le jumeau interne (gastrocnémien médial).
Le tennis-leg survient comme les autres accidents musculaires lors d’un démarrage brutal. La flexion de la cheville étire le triceps alors que survient une contraction brutale et prématurée du triceps. Les forces opposées entraînent le décollement du jumeau.

Cliniquement, il s’agit d’un coup de fouet ressenti dans le mollet. Comme son nom l’indique, il est observé chez les joueurs de tennis, mais se rencontre dans toutes les activités comprenant des impulsions (accélération brutale, réception de saut, course à reculons). La lésion anatomo-pathologique est une désinsertion myo-aponévrotique distale du gastrocnémien médial (GM).

La coupe échographique de référence doit être effectuée sous le galbe du mollet, tout en étant suffisamment antérieure et récurrente. La plupart des faux négatifs sont dus à des coupes trop postérieures. La perte de l’aspect triangulaire et effilé du GM, la désorganisation architecturale des fibres distales qui deviennent convexes et l’existence d’un décollement entre le GM et le soléaire sont les signes cardinaux de cette lésion. Un infiltrat plus ou moins échogène peut entourer les fibres lésées. Certains cas sont accompagnés d’une rétraction de tout le chef médial si la désinsertion est étendue. L’hématome qui peut être minime au début a tendance à se développer entre l’aponévrose du GM et celle du soléaire, pouvant entraîner une dissection s’étendant jusqu’au genou. La ponction de cette collection lors de l’examen initial ou d’un examen de contrôle doit être systématique, afin de prévenir la fibrose ou l’enkystement de l’hématome. Malgré la compression après ponction, le risque de réapparition d’une collection reste élevé. Il s’agit le plus souvent d’un épanchement lymphatique de l’espace inter-aponévrotique qui peut nécessiter plusieurs ponctions successives pour être éradiqué.

Bien que cette lésion soit de loin la plus fréquente, les autres chefs musculaires du mollet peuvent être lésés avec, par ordre de fréquence, le soléaire, le gastrocnémien latéral et le plantaris.

Les lésions du gastrocnémien latéral ne présentent habituellement pas de difficulté de diagnostic.

L’échostructure du soléaire est plus grossière et hétérogène que celle du gastrocnémien. L’échographie peut être prise en défaut pour des lésions profondes et peu hémorragiques.

La rupture du plantaris est exceptionnelle. Elle survient plus volontiers au niveau de sa partie distale et peut mimer une pathologie du bord médial du tendon calcanéen.

Pour ces lésions, le recours à l’IRM est souvent nécessaire chez les sportifs de haut niveau

La plupart des diagnostics différentiels à éliminer devant un mollet douloureux sont accessibles à l’échographie : phlébite (par immobilisation ou phlébite d’effort), rupture du tendon calcanéen, syndrome de loge aigu. Il est essentiel de connaître l’association possible de ces diagnostics : phlébite secondaire ou contemporaine d’une lésion musculaire, rupture proximale¹ du tendon calcanéen avec extension musculaire, lésions musculaires très hémorragiques et syndrome de loge.

L’évolution du tennis-leg est le plus souvent favorable. Les deux principales complications sont l’enkystement d’un hématome et la fibrose cicatricielle de l’hématome. Elles sont le plus souvent dues à une mauvaise prise en charge de la blessure au stade aigu. L’échographie est l’examen de référence pour montrer une collection résiduelle ou une plage fibreuse inter-aponévrotique²  échogène et non déformable.

 

 

Définitions utiles:
proximal ¹ : Le plus proche du centre du corps ou d’un organe, ou, pour un membre, de son point de fixation.
aponévrotique² : l’aponévrose, membrane entourant les muscles.

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